Origines, recette et erreurs à ne pas commettre… Vous allez tout savoir sur la vraie du histoire du pastis !
Petit jaune, pastaga, anisette ou flaï, le pastis est une boisson alcoolisée à base d’anis à l’histoire tumultueuse. Contrairement à ce que l’on pourrait penser sa recette n’a pas été inventée à Marseille. On vous explique la vraie histoire du pastis…

Le Pastis doit tout à l’interdiction de l’absinthe
L’Absinthe de couleur verte est une boisson alcoolisée à 72° qui devient très populaire au XIXe siècle. Consommée par les soldats français dès 1830 en Afrique, pour soigner leur dysenteries et assainir l’eau, elle devient une boisson poétisée par les artistes de la Belle-Époque qui en font une boisson “bourgeoise” faisant l’objet d’un rituel social élitiste.
Sa popularité incite les opportunistes à produire des absinthes de contrefaçon de qualités inférieures et à des prix très accessibles. Elle devient très populaire en 1860 auprès des ouvriers. Certaines de ces imitations d’absinthes contenaient des poisons, comme la thuyone accusée de griller des neurones et provoquer des hallucinations.
Surnommée “Le péril vert” l’absinthe devient un problème de santé publique entrainant une progression dramatique de l’alcoolisme en France.

En 1905 en Suisse, un fait divers dramatique s’empare de l’actualité. Un père de famille et grand consommateur de l’absinthe “La Fée Verte”, empoigne son fusil et tue sa femme enceinte et ses deux enfants de 6 et 2 ans. Le procès de La Fée Verte, relayé par les médias déchaine les passions et sert les interêts des producteurs de vins blancs et de Schnaps qui sautent sur l’occasion pour demander l’interdiction de l’absinthe avec l’appui des ligues antialcooliques !
Les lois vont s’assouplir progressivement par la suite sous la pression de l’opinion publique et des distillateurs comme Pernod, Duval et Berger.

Tout commence à Avignon…
C’est dans ce contexte que Jules-Félix Pernod, (fils de Jules François Pernod fondateur de la société Pernod & Fils en 1872) un distillateur d’Avignon spécialisé dans l’absinthe élabore une nouvelle boisson à base d’anis et d’autres plantes. Il l’a baptise “Anis Pernod” et la met en vente dès 1918. La première boisson alcoolisée anisée est née !
Face au succès de l’Anis Pernod des Pernod d’Avignon, les Pernod de Pontarlier (une autre branche de la famille du Jura) lancèrent également la leur en 1926 sous la marque Anis Pernod fils. Après des démêlés judiciaires les deux sociétés finissent par fusionner en 1928.

Et Marseille dans tout ça ?
C’est en 1932 que Paul Ricard, un Marseillais originaire de Sainte Marthe et issu dune famille de boulangers et de négociants en vin, fait son apparition. Agé d’à peine 23 ans, et a force d’un intense travail de lobbying il créé sa propre recette incluant de l’anis étoilé, de l’anis vert et de la réglisse et obtient le droit de vendre sa boisson anisée à 40° (le Pernod étant à 30°). Même si à Marseille, on avait déjà anticipé l’évolution de la législation de puis un petit moment…!

Mais c’est surtout dans le marketing qu’il exprime son génie : Il invente le mot “Pastis” (issu de « pastisson » signifiant mélange en provençal), et y associe son nom Pastis Ricard. Enfin il ajoute a cela une promesse inédite “Le Vrai Pastis de Marseille”.
Ce slogan devenu un cas d’école en marketing, signifiait implicitement que les autres étaient des faux (Pernod à du apprécier !) et associait cette boisson à Marseille, au sud, à la Provence, aux vacances, à la détente et s’accordait à merveille avec l’arrivée des congés payés. Bref, le pastis devenait un produit du soleil.

C’est l’âge d’or du Pastis de Marseille qui devient un élément constitutif de la culture provençale et française.
Même si historiquement Ricard s’impose comme leader, en 1975 les deux concurrents fusionnent pour créer Le groupe Pernod-Ricard. Devenu leader mondial des anisés, le Ricard est aujourd’hui l’apéritif le plus vendu dans l’Hexagone.

Quelques dates importantes :
1936 : Avec l’arrivée des congés payés, le pastis devient une « boisson de vacances », les ventes explosent.
1938 : Un décret-loi autorise de porter le degré d’alcool à 45°, Pernod lance Pernod 45.
1940 : Le Pastis accusé de ramollir les soldats le rend responsable de la défaite française (..!) le degré d’alcool autorisé est abaissé à 16 degrés. (Pernod se reconvertit dans la chocolaterie et Ricard dans les jus de fruits)
1945 : A la libération le taux d’alcool maximal d’une boisson est relevé à 40°, la publicité est toujours interdite par affichage et voie de presse.
1948 : Paul Ricard contourne la loi et associe sa marque au Tour de France – une première.
1949 : Pernod imite Ricard, mais Ricard « L’ami de l’eau » riposte en misant sur des objets à l’effigie de la marque (carafes, cendriers, etc…)
1951 : les anisés alcoolisés à 45° sont de nouveau autorisés. Pernod lance son Pastis 51 (pour l’année et non le degré d’alcool).

Bien plus qu’une simple boisson, Le Pastis est un symbole de convivialité, de partage et d’art de vivre à la française. Son histoire riche et mouvementée en fait un élément incontournable du patrimoine culturel français.
La recette du Pastis :

La recette du pastis est un secret bien gardé. Bien que la composition varie d’un fabricant à l’autre, sa composition principale comprend de l’alcool, de l’Anis, du sucre, des ingrédients aromatisants (épices, plantes, fleurs).
Le pastis est généralement préparé en mélangeant les ingrédients dans un alambic. Le mélange est ensuite distillé pour obtenir une boisson alcoolisée concentrée. Ce mélange est ensuite dilué avec de l’eau pour obtenir le pastis à boire.
Pastis, 51 ou Ricard quelle est la différence ?
De part sa popularité le mot “pastis” (inventé par Paul Ricard) est devenu le nom générique de la boisson. 51 et Ricard sont donc des marques de pastis dont les différences résident dans leurs compositions et leurs saveurs.

Le Ricard est un pastis traditionnel de qualité supérieure. Sa recette se compose principalement d’anis étoilé, de réglisse et d’arômes naturels de plantes, et de safran lui conférant sa couleur jaune orangé.
Le Pastis 51 quant à lui, est un pastis plus léger. Sa recette également composée d’anis étoilé et de réglisse, contient une proportion d’anis moins importante, et les arômes naturels des plantes utilisées sont moins intenses que ceux du Ricard.
D’autres marques parviennent à exister comme Duval, Berger, Un Marseillais ou encore Casanis. Enfin, de nouvelles maisons proposent des produits avec des arômes plus travaillés et subtils comme le pastis Henri Bardouin, ou le pastis Garagaï élaboré artisanalement avec des plantes aromatiques cueillies à l’état sauvage autour du Pays d’Aix.
Les 3 méthodes pour bien déguster le pastis :
La proportion idéale est de 5 volumes d’eau fraîche pour 1 volume de pastis.

A – La Classique :
Verser le pastis dans le verre, puis verser l’eau et enfin ajouter les glaçons.
B – A l’ancienne :
Après avoir mis le verre au congélateur, verser l’eau fraîche, le pastis, et touiller.
C – La Traditionnelle :
Ajouter les glaçons dans la carafe d’eau, et verser dans le verre préalablement rempli de pastis.
Dans quel verre boire son pastis ?

Le verre à pastis est généralement cylindrique avec une base étroite, une grande hauteur et un col évasé. Cette forme permet de mieux apprécier les arômes et de libérer les parfums de l’anis.
Même si certains préfèreront utiliser un verre ballon, ou un verre highball pour déguster leur pastis, le verre traditionnel cylindrique à col évasé est conçu pour améliorer l’expérience de dégustation.
Les 5 erreurs à ne pas commettre :

1 – Mettre son pastis au Frigo ! Le Pastis se conserve à température ambiante, fada que t’yes ! (Car Les huiles essentielles vont précipiter dans la bouteille et faire perdre toute la saveur)
2 – Boire son pastis chaud. Oh espèce de cheutimi, c’est pas du vin chaud !
3 – Mettre les glaçons avant d’avoir versé l’eau. C’est la technique dites « A la parisienne » cela créé un choc thermique avec le pastis et cela dissipe les arômes, malheureux !
4 – Dépasser la dose de 5 volumes d’eau pour 1 volume de pastis. Oh Jacques Mayolle, Faudrait pas le néguer non plus !
5 – En boire trop. Car comme le disait Fernandel “Le pastis c’est comme les seins, 1 ce n’est pas assez, et 3 c’est trop !”
Les variantes :

Le pastis peut-être agrémenté de sirops
Ainsi, l’orgeat le transformera en « mauresque », la menthe en « perroquet », la grenadine en « tomate », le citron en « soleil » et le duo grenadine-menthe en « feuille morte ». Plus rarement, il est dilué avec un jus de fruit ou un soda. Dernièrement Pernod Ricard a développé un concept plus « élégant » : le « 51 Piscine ». Mélange d’1 volume de pastis et de 7 volumes d’eau, il se boit avec beaucoup de glaçons, dans un verre plus large.
Le Pastis est une boisson anisée au destin fascinant, intimement liée à l’histoire et à la culture française. C’est aujourd’hui un apéritif rafraîchissant et convivial indissociable de Marseille et de son histoire. Pour en savoir plus voici une série de liens que nous avons compilés pour vous.
- A visionner :
- L’Absinthe / Karambolage
- Aux origines du pastis Ricard / Archive INA
- Les origines presque marseillaises du pastis / Archive INA
- Les enfants adorent le pastis – 1980 / Archive INA
- Pourquoi le pastis change de couleur ? / Jamy Epicurieux
- Dans les coulisses de la fabrication du pastis, avec Guillaume Ferroni / France Inter
- A écouter :
- A lire :
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- A découvrir :
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